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Jean El Gammal : introduction

Cette table ronde, centrée sur les renouvellements de l'histoire politique, comporte quatre interventions. Je me limiterai donc à quelques considérations préliminaires, centrées sur les grandes lignes du thème retenu. Bien évidemment, l'histoire politique constitue l'une des formes les plus répandues de l'histoire traditionnelle, des origines à nos jours. Si elle représente, qu'il s'agisse de politique intérieure ou de relations internationales, l'un des points d'ancrage de l' « école méthodique » et de ses continuateurs, elle a donné lieu aux critiques de l'école des Annales, notamment à propos du temps court et de l' « histoire-bataille ». Elle a du reste subi une éclipse, après plusieurs siècles de domination symbolique, lorsque, notamment durant les années 1950 et 1960, s'est développée l'histoire économique et sociale, accompagnée ou suivie de l'histoire des mentalités et des représentations. Elle n'en a pas moins été revivifiée par l'apport de la sociologie électorale et de la science politique, tandis qu'à compter des années 1970 et 1980, le retour à l'événement, le mouvement de réhabilitation entrepris sous l'impulsion de René Rémond, puis l'utilisation de la notion de culture politique (Serge Berstein, Jean-François Sirinelli) ont entraîné un regain, qui prend des formes très diverses, comme le montre l'intervention de Catherine Brice. Il est lié aux nouveaux travaux d'histoire parlementaire présentés par Jean Garrigues, aux angles thématiques, comme la violence, étudiée par François Audigier ou aux approches interdisciplinaires telles que celle mise en oeuvre par Corinne Legoy à l'échelle des rapports entre politique et littérature.

Si les renouvellements sont nombreux, ils interviennent dans un contexte sans doute moins favorable à l'histoire politique depuis une quinzaine d'années. L'essor de l'histoire culturelle, avec laquelle elle entretient pourtant des liens, la multiplication des publications de statuts divers, la présence des méthodes propres à la sociologie et à la science politiques, d'ailleurs porteuses de nouveaux questionnements, ainsi, sur un autre plan, que la désaffection à l'égard de certains aspects de « la politique » ont sans doute contribué à réduire sa visibilité. Il n'en reste pas moins que les travaux abondent, y compris de la part de jeunes chercheurs. Cette séance permettra de prendre la mesure de mutations, à des fins de mise en perspective et de mise en valeur de recherches récentes. Que nos collègues en soient vivement remerciés.

Jean El Gammal

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